Philippe Meyer
Liberté, curiosité, diversité : tels sont les mots-clefs d’une vie professionnelle qui aura conduit Philippe Meyer de la recherche en histoire sociale à la scène, en passant par le journalisme, le cinéma documentaire, le billet radiophonique et la musique classique.
Docteur en sociologie, Philippe Meyer est d’abord intégré comme chercheur à une équipe parisienne de médecins psychiatres dirigée par le Professeur Philippe Paumelle, équipe qui élabore et expérimente une nouvelle organisation et de nouvelles méthodes en matière de politique publique de santé mentale. Il anime ensuite un groupe de recherche en sociologie et en histoire sociale portant principalement sur les processus et les modes de contrôle social. Il enseigne la sociologie et les sciences humaines cliniques dans différentes universités de Paris et collabore au Collège de France aux travaux conduits par Michel Foucault, avec qui il avait participé à l’action du Groupe d’Information des Prisons. Ses travaux sont publiés en français, en anglais et en allemand. A partir de 1984, il est maître de conférences à l’Institut d’études politiques de Paris.
Directeur de « L’Express », Jean-François Revel lui confie en 1979 la revue des livres d’histoire et de sciences humaines dans cet hebdomadaire. En 1980, J.F Revel lui propose de signer un éditorial hebdomadaire et d’entrer dans l’équipe du journal dont il devient rédacteur en chef chargé de la « Vie culturelle ».
France Inter lui confie en 1982 et jusqu’en 1989 un magazine satirique, « Télescopages », puis, de 1989 à 2000, une chronique matinale quotidienne (dont les textes sont publiés en 10 volumes). Depuis 1997, il produit « L’Esprit Public », à France-Culture, le dimanche à 11h00 et, depuis septembre 2000, « La prochaine fois je vous le chanterai », à France-Inter le samedi de midi à 13 heures. Depuis septembre 2010, il donne une chronique quotidienne à 7h57 dans la Matinale de France Culture, « la chronique du toutologue ».
Philippe Meyer réalise avec Frédéric Rossif un documentaire sur le nazisme, « De Nuremberg à Nuremberg », diffusé par Antenne 2 en 1989. Parallèlement, il conçoit et anime une émission de musique classique pendant deux ans sur M6 (« Revenez quand vous voulez ») puis une autre, « Anicroches » pour la Sept (future Arte). Enfin, il dresse le portrait – en leur présence – des invités de « L’heure de Vérité » sur Antenne 2.
Il collabore comme interprète à divers feuilletons radiophoniques pour France Musiques (George-Bernard Shaw) ou pour France Culture (« La guerre de l’Elysée n’aura pas lieu »). Il est le récitant du « Songe d’une nuit d’été » avec l’Orchestre de l’Opéra National de Paris. Il enregistre « Sports et divertissement » d’Eric Satie avec Catherine Marchese et Emile Naoumoff, et « Le Carnaval des animaux » pour Harmonia Mundi avec des musiciens regroupés autour du Trio Wanderer. Le disque de son spectacle « Paris la Grande » (avec Jean-Pierre Gesbert et Pascal Le Pennec) est publié par « Le Chant du Monde ». Au cinéma, il joue pour Bertrand Tavernier et Jacques Fansten. Au théâtre, il a mis en scène « Les Maxibules », de Marcel Aymé.
Philippe Meyer écrit et interprète « Causerie » au théâtre Mouffetard (1997) puis il donne au Théâtre de la Ville un spectacle intitulé « Paris la Grande » au cours duquel il célèbre, décrit ou apostrophe la capitale en mêlant des textes de grands écrivains et des chansons souvent inédites, parfois oubliées. « Paris la Grande » est aussi le titre du récit de sa longue exploration de la capitale, qui forme la suite de « Dans mon pays lui-même ». (Editions Flammarion). En Novembre 2003, le Théâtre de la Ville accueille « L’Endroit du cœur (avec vue sur l’envers) », dont il est l’auteur et l’un des interprètes et que met en scène Jean-Claude Penchenat. En 2010, il met en scène un cabaret musical avec six comédiens de la Comédie française, intitulé Chansons des jours avec et des jours sans.
Philippe Meyer a publié : L’Enfant et la raison d’Etat (Seuil, 1977), Québec (collection Petite Planète, Seuil, 1980), Le communisme est-il soluble dans l’alcool ? (en collaboration avec Antoine Meyer) (Seuil, 1978), Justice en miettes (en collaboration avec Hubert Lafont) (PUF , 1979), Le Nouvel ordre gendarmique (en collaboration avec Hubert Lafont) (Seuil 1980), Ce n’est pas pour me vanter (1990), Heureux habitants de l’Aveyron et des autres départements français (1991), Nous vivons une époque moderne (1991), Pointes sèches (Seuil 1992), Dans le huis-clos des salles de bains (1993), Dans mon pays lui-même… (Flammarion, 1993), Eaux-fortes – Croquis politiques (Flammarion, 1995), Balivernes pour la levée du corps (Livre de Poche, 1995), En progrès constant (Livre de Poche, 1996), Dans cette vallée de larmes (Livre de Poche, 1997), Paris la Grande (Flammarion, 1997), Portraits acides et autres pensées édifiantes (Le Cherche Midi Editeur, 1999), Le progrès fait rage (Folio, 1999), Le Futur ne manque pas d’avenir (Folio, 1999), Du futur faisons table rase (Folio 1999) Démolition avant travaux (Robert Laffont 2002 et Pocket, 2003 )– « L’Avenir peut attendre » (Robert Laffont, février 2004), Brusque Chagrin (Fallois, 2005), Fonds d’écran (Le Cherche Midi Editeur, 2006), Un Parisien à travers Paris (Robert Laffont, 2009).
Son dernier livre, Sanguines (croquis politiques) est paru le 19 septembre 2011 chez Robert Laffont.
Il a mis en scène à l’automne 2011 un cabaret musical chanté par des comédiens de la troupe de la Comédie-Française. Le spectacle, intitulé Chansons déconseillées, s’est donné au Studio-Théâtre du 15 septembre au 30 octobre 2011. En juillet 2012, le spectacle Nos plus belles chansons a donné l’occasion aux comédiens du Français de reprendre sur la scène du Théâtre éphémère des chansons interprétées dans « La prochaine fois je vous le chanterai ».
D’une activité à l’autre, Philippe Meyer dit qu’il a toujours exercé le même métier : aller voir le monde et le raconter à autrui…
Photo : (c) Jean-Baptiste Millot / www.qobuz.com – Reproduction Interdite
