Les Têtes de l'Art

Les Têtes de l'Art
Serge Noël-Rainavo

Serge Noël-Rainavo du label Ocora

Quel est le point commun entre les flûtes de Guadalcanal, Nusrat Fateh Ali Khan, les pygmées Aka, les musiques du Baloutchistan, les jeux vocaux des Inuits, Ravi Shankar et la musique bavaroise ? Ocora bien sûr ! Sorte de Mecque des musiques traditionnelles, savantes ou populaires, des différentes régions du monde, c’est en Afrique, au pays Dogon, qu’a vu le jour cette collection made in Radio France.

Ce label unique, créé en 1955 par Pierre Schaeffer, est artistiquement piloté par un passionné, Serge Noël-Rainavo. Loin des étiquettes marketing « world music », il perpétue une tradition de rigueur, de recherche, d’excellence. A ce jour, Ocora, ce sont plus de 200 disques alliant l’intérêt scientifique ethnologique contenu dans les livrets trilingues d’une trentaine de pages très documentées et la beauté artistique de la musique. Ils sont toujours réalisés sous la direction d’ethnomusicologues retenus pour leur spécialisation dans la culture présentée et parfois en collaboration avec le réseau des radios européennes.

A l’arrivée, Ocora offre une diversité époustouflante : musiques savantes de l’Extrême-Orient (anthologie du Nan-kouan, musique courtoise de la Chine du sud, vaste panorama des musiques du Japon et de Chine continentale, de Bali, de Java et de Birmanie…), anthologie de la musique traditionnelle iranienne, les grands créateurs du sous continent-indien (Ravi Shankar, Nusrat Fateh Ali Khan, Subramaniam…), les maîtres de l’Asie centrale (Monajat Yultchieva, Turgun Alimatov…) et les traditions orales de l’Afrique sub-saharienne (pygmées de la grande forêt, Burundi, Congo, Gabon, Guinée…), etc. Les autres foyers actifs de culture musicale ne sont pas négligés (monde arabe, Amériques) pas plus que les musiques traditionnelles européennes (France, Danemark, Roumanie, Pays Bas, Pologne, Finlande, etc.). Bref avec Ocora, l’universalité du langage musicale s’impose un peu plus chaque jour.

Photo : Jean-Baptiste Millot.
Texte : Hannah Krooz.