Ut Pictura Musica

Ut Pictura Musica

ut pictura musica… mozartiana

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Mozart à Vérone, 1770

Saverio della Rosa

peintre et écrivain véronais

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Domenico Scarlatti

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Fantaisies, Rondos et courtes pièces,   W A Mozart

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Eine kleine Gigue, K574,  en sol majeur

Paul Klee

D’une structure héritée de la gigue des Suites des XVIè et XVIIè siècles, cette courte pièce se construit sur un thème en accord brisé et ses appoggiatures duquel résulte une sonorité que l’oreille spontanément relie à une période plus récente, et qui pourtant peut évoquer certains thèmes des Sonates pour le clavecin de Domenico Scarlatti, compositeur à la Cour d’Espagne, contemporain de Johann-Sebastian Bach.

Paul Klee

La gigue, danse à 2 temps sur un rythme ternaire, ou 6/8, est constituée d’une première partie sur un seul thème, répétée ; puis une deuxième partie fait entendre le thème renversé, elle aussi reprise une deuxième fois, selon la tradition baroque.

L’interprétation de Christian Zacharias est un jeu au piano à la fois d’une grande clarté conséquente à un toucher incisif et une articulation dans la suite des sons qui n’est pas si loin d’un jeu au clavecin, et à la fois d’une grande finesse dans les nuances et les sonorités qui fait preuve d’un art de toucher le piano, un jeu qui rappelle la version des Sonates de Scarlatti dont l’interprète est familier. Si l’instrument nécessite de l’habileté pour l’enfoncement de la touche lorsque le marteau va frapper la corde, il requiert aussi de la vigilance pour la résonance de la corde dans la caisse, et cela de façon infinie. La gigue, qui ne dure pas deux minutes, est un instant de musique en mouvement et en couleurs “à la manière des éléments d’un kaléidoscope”.

au piano,   Christian Zacharias

Fantaisies, Rondos et courtes pièces

Le petite Gigue est insérée dans un ensemble de petites pièces pour piano, qui sont soit des fragments, soit des pièces manuscrites, un mouvement que Mozart intègre plus tard à une sonate ou un éventuel arrangement de pièce instrumentale, et qui datent généralement des dernières années de la vie de Mozart. Plusieurs de ces petites pièces suscitent des interrogations auxquelles il n’est pas possible de répondre, faute de documents complets. Ainsi, par exemple, le Menuet KV355, faisant entendre des harmonies surprenantes est-il une pièce pour piano, ou l’arrangement pour clavier d’un quatuor à cordes ?
Mais pour l’auditeur de ces pièces, pas toujours familières, parfois fort brèves telle la gigue, c’est la musique qui importe. L’ensemble forme un assemblage très divers jusqu’à l’intérieur des Fantaisies, dans lesquelles se suivent de courts moments musicaux d’une expression à l’autre, de quelques mesures de chant avec grande sensibilité à une dynamique expressive, presque romantique, d’une contemplation aux accords profonds et instables à un passage plus léger, parfois joyeux, une succession de facettes d’une multiplicité imprévisible.
Surtout, cet ensemble propose un parcours plein de surprises, en quelques minutes d’un chemin à l’autre, et confrontée à un univers changeant, à un faisceau d’énigmes, l’écoute permet de découvrir ou de redécouvrir un compositeur dont on aperçoit la créativité infinie, et peut-être conduit-elle à entendre avec une autre oreille les grandes pièces, de la musique de chambre aux opéras !

Paul Klee

Dans toutes les oeuvres qui composent l’ensemble, Fantaisies, Rondos et courtes pièces, Zacharias allie à la rigueur de la main qui touche le clavier une liberté génératrice de musique, à une tenue du rythme une sensibilité faite de respiration et de couleur, et fait entendre ces compositions de Mozart hors de toute convention. Un plaisir de l’oreille qui va jusqu’au plus profond.

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Commentaire musique

Thérèse Bécue

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