Le Regard de Claude Samuel

Le Regard de Claude Samuel
Philippe Boesmans : « Si j’ai voulu devenir musicien, c’était pour être comme Wagner » qui, lui, écrivait les textes de ses opéras… (© Isabelle Françaix)
Philippe Boesmans : « Si j’ai voulu devenir musicien, c’était pour être comme Wagner » qui, lui, écrivait les textes de ses opéras… (© Isabelle Françaix)

L’opéra de Philippe Boesmans – Schnitzler, Strindberg, Gombrowicz, Shakespeare – Feydeau ? – Le théâtre de Joël Pommerat – Mathieu Gallet – Le Philar et le National

  Au Monde, bizarre, ce titre pour un opéra, et bizarre cet opéra du compositeur belge Philippe Boesmans, créé en mars 2014 à La Monnaie de Bruxelles et représenté actuellement à l’Opéra-Comique. Première singularité : après s’être confronté avec un évident succès aux mots d’Arthur Schnitzler, d’August Strindberg, de Witold Gombrowicz, et même de Shakespeare, voici Philippe Boesmans aux prises avec le théâtre de Joël Pommerat qui, c’est le moins qu’on puisse dire, est passablement…

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Gustav Mahler d'après une eau-forte (1902) d'Emil Orlik
Gustav Mahler d'après une eau-forte (1902) d'Emil Orlik

Les Berliner à Paris – Mahler dans le gigantisme – Les « brutalités musicales » – Le choix de Simon Rattle – Deux nouveaux lieux parisiens en période de disette

  Vingt-cinq ans après la mort de Karajan, son « chef à vie », et après douze années de compagnonnage avec le chef britannique Simon Rattle, l’Orchestre Philharmonique de Berlin est-il toujours le meilleur orchestre du monde ? Impossible de répondre à la question, les performances musicales ne disposant pas de ces instruments de mesure propres aux compétitions sportives, mais le concert que viennent de donner les Berliner à la Philharmonie (de Paris — oui, ce lieu…

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Mauricio Kagel (1931-2008), l’Argentin qui aurait fait 
bonne figure au programme de « Présences 2015 »
Mauricio Kagel (1931-2008), l’Argentin qui aurait fait
bonne figure au programme de « Présences 2015 »

Les quinze ans du Festival Présences – Les lieux de la modernité – Du théâtre des Champs-Elysées à la Salle Olivier Messiaen – Richard Dubugnon, Esteban Benzecry, Martin Matalon

  Depuis le 6 février (et jusqu’au samedi 21), le Festival Présences de Radio France propose aux amateurs parisiens, friands de découvertes, de surprises et de fortes émotions, treize manifestations, et je dois dire qu’en créant jadis Présences, malgré les réticences des puissances financières de la maison, je n’imaginais pas que l’aventure durerait un quart de siècle, encore moins que le thème que j’avais choisi pour la première édition, America, ressurgirait (avec extension aux deux…

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Arnold Schoenberg, « surtout un musicien de tableau noir », écrivait 
Jean Cocteau dans Le Coq et l’Arlequin…
Arnold Schoenberg, « surtout un musicien de tableau noir », écrivait
Jean Cocteau dans Le Coq et l’Arlequin…

Les projets de Stéphane Lissner – Pierre Boulez, Peter Brook et Patrice Chéreau – Les 428 soirées de Bastille et Garnier – Moïse et Aaron – Souvenir d’Aldo Ciccolini

  La conférence de presse d’un nouveau directeur de l’Opéra national de Paris annonçant les programmes de sa prochaine saison, c’est un peu comme la conférence de presse d’un président de la République fixant les objectifs, revus et corrigés, de son quinquennat. Que fait-on au milieu du gué, en tenant compte de sa propre histoire et des engagements pris antérieurement ? Donc, Stéphane Lissner, qui fut successivement directeur du Châtelet à la belle époque d’un…

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André Campra, compositeur et prêtre un temps, dont la vie ne fut pas un modèle de vertu
André Campra, compositeur et prêtre un temps, dont la vie ne fut pas un modèle de vertu

Musiques françaises – L’Américain William Christie – André Campra à la Cour – Venise sur la scène de Favart – Mes copains de France Inter

  Il faut décidément du temps pour que la France reconnaisse ses grands classiques : de la famille Couperin à Rameau, ils ne manquent pas, pourtant, ces compositeurs fêtés en leur temps qui nous ont donné des partitions prêtes à l’emploi. Un nom surgit épisodiquement, et ce fut ainsi la gloire de Marc-Antoine Charpentier (1643-1704) dont, de son vivant, un certain Lully (1632-1687) avait bloqué la carrière — Charpentier avec ce Te Deum, lancé par la…

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Hector Berlioz en 1847 – « Que de rage contenue ! Que de honte bue ! »
Hector Berlioz en 1847 – « Que de rage contenue ! Que de honte bue ! »

Berlioz, critique musical – Vigny et Théophile Gautier – Le cauchemar musical – Trente ans d’esclavage – Le « petit Planté » – Wagner, mauvais malade – Entendre la guerre

  C’est une œuvre de longue haleine : la publication des critiques musicales de Berlioz rassemblées par la Société française de musicologie sous la direction d’Anne Bongrain et de Marie-Hélène Coudroy-Saghaï. Tome après tome, les articles de notre Hector national s’accumulent et le septième volume (sur les dix prévus) qui m’a été récemment adressé (quoique portant le copyright 2013) est un monument : 711 pages ! Ce n’est pas l’ouvrage que l’on lit de la première à…

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