Il faut aller à la Bastille. Qu’on apprenne à s’isoler, qu’on ferme les yeux devant l’inutile ou même inacceptable qu’on nous montre en scène et qui n’a pas été modifié, sauf peut être un peu la barboteuse de Siegfried, où celui ci a l’air d’un bon gros Hänsel poupon. Toujours pas de forêt ni de nuit (de clandestinité) au II, avec trop de pleines lumières et rien, mais rien du mystère (les rencontres, les peurs)…
Tout chef d’orchestre professionnel, responsable, c’est-à-dire au service du spectacle qu’il conduit, sait ou devrait savoir que l’acoustique de l’Opéra-Comique est cruelle. Elle invite l’orchestre à couvrir les chanteurs ; et elle surexpose dans les instruments ce qui va devenir criailleries, stridences et grosses voix. En entendant l’Ouverture du Segreto di Susanna délicieusement instrumentée par Ermanno Wolf-Ferrari, qui certes n’a jamais eu la main lourde dans rien de ce qu’il a fait, on se demandait si…
Eblouissante, réconfortante soirée de grand beau chant sans façons, mais chaleureux et stylé, avec Marie-Nicole Lemieux. Entre deux Falstaff (où elle est une délicieuse Quickly, marrante et sobre, sans flafla), elle nous a prouvé que la joie de chanter, la générosité et le naturel en chant ne sont pas des vertus tout à fait perdues. Son programme déjà était exemplaire. Ce n’est pas sa faute si Alma Mahler en exorde prouve qu’on peut être en…
Le dispositif coulissant d’Alexandre Beliaev, la mise en scène de Dominique Pitoiset affichent pas loin d’un quart de siècle, et le portent sans plus de rides qu’ils n’en avaient à l’origine. Ils étaient très dans le vent alors, avec leur espace dramatique arbitraire, un peu fourre-tout (adieu la cohérence !) mais commode. Celui-ci montre ses limites, il facilite l’action scénique, la rend fluide mais fait que par-ci par-là elle n’est plus du tout une action suivie.…
On ne peut pas voir s’en aller Wolfgang Sawallisch sans se dire que lorsqu’il a quitté son poste directorial de Munich, quelque chose de toute façon s’en était déjà allé avec lui, et probablement pour toujours. Il avait tout pour l’opéra comme on l’a toujours fait : le sens du travail de l’équipe, de l’ensemble ; un talent de pianiste hors du commun (Walter Legge disait de lui que quand on est si bon pianiste, c’est presque…
On avait des appréhensions, on peut l’avouer : une opérette vieille de presque un siècle, et dont le parfum était déjà largement éventé quand on l’a vue en ce même Opéra-Comique, dans les décors de Dignimont, en début des années 50 ! C’est que l’Histoire, mais l’anecdotique aussi, et le folklore plus que tout, le folklore parisien, cela va vite. Depuis que Paris n’a plus de Halles, Ciboulette a perdu son insertion, sa caisse de résonance,…