L'oeil et l'oreille

L'oeil et l'oreille
Franz Welser-Möst (DR)
Franz Welser-Möst (DR)

L’Orchestre de Cleveland à Pleyel, l’Orchestre de l’Opéra à Garnier

  Il faudrait des pages pour détailler l’effet subjuguant produit par le second des deux concerts de l’Orchestre de Cleveland, qui voyage peu, est rare en tout sens du terme, et ne pense pas d’abord à sa promotion. Mais il veille à son image, et la garde. Georg Szell avait fait de lui un instrument d’une précision, d’un équilibre sans concurrence : qualités qui ne sautent pas plus aux yeux que ne le fait le cousu…

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© François Zuidberg
© François Zuidberg

Christian Gerhaher et Gerold Huber à l’amphithéâtre Bastille

  L’extraordinaire artiste ! Et d’abord, chanteur en dehors de toutes nos habitudes, peut être bien toutes les normes ! On pourrait croire qu’à n’importe quel moment la voix va manquer ; de toute façon, côté substance et consistance, côté timbre (métal), elle peut paraître en déficit constant. Le disque, qui a répandu le nom de Gerhaher et l’a installé très haut au royaume du lied, nous trompe largement sur lui, amplifiant sans vraiment le timbrer un son…

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De g. à dr. : en bas,  Figaro, Almaviva ; en haut, Bartolo, Rosine (© Bernard Contant (ONP)
De g. à dr. : en bas, Figaro, Almaviva ; en haut, Bartolo, Rosine (© Bernard Contant (ONP)

Le Barbier de Séville à l’Opéra-Bastille

    Notre Barbier façon Coline Serreau, avec Rigoletto façon Savary, a été un champion du service rendu. Malgré une installation assassine dans l’espace gigantesque (vu son niveau idéal, tant comique que sonore) de Bastille, son succès public ne s’est jamais démenti, quinze ans après, toujours un pactole de box office. Cela sous-entend qu’on doit grossir le trait, ne pas faire dans la dentelle ni scéniquement et vocalement, moins encore qu’on ne cherchera simplement pas…

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Ermonela Jaho (Violetta) & Dmitri Hvorostovsky - © E. Bauer
Ermonela Jaho (Violetta) & Dmitri Hvorostovsky - © E. Bauer

Reprise de La Traviata à l’Opéra-Bastille

  On s’était promis de revenir à la rentrée voir La Traviata dans une nouvelle distribution, convaincu que la présence dans le rôle titre de Diana Damrau, superbe chanteuse virtuose mais vocalement blonde et sans projection, le contraire même d’un foyer dramatique, ne permettait pas de juger à sa valeur la mise en scène de Benoît Jacquot, qui est trop précieux au théâtre lyrique, trop rare aussi, pour qu’on laisse passer une production de lui…

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© S.F. Forster (Trouvère, Salzbourg, août 2014)
© S.F. Forster (Trouvère, Salzbourg, août 2014)

Un été de lyricomane

  À partir d’un certain âge on voyage moins volontiers ; notamment en période de presse. C’est dire si les festivals découragent, qui ont la mauvaise idée de se tenir en temps de vacances et de foule. Il ya belle lurette qu’on a renoncé à Aix, à cause des horaires ; à Salzbourg, à cause de journées vides à attendre un spectacle désormais de luxe, et trop souvent décevant ; à Bayreuth à cause de Bayreuth même, qui…

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Renate Jett (Keikobad), Adrianne Pieczonka (L'Impératrice), Sebastian Holecek (Le Messager) / © Wilfried Hösl - Bayerische Staatsoper
Renate Jett (Keikobad), Adrianne Pieczonka (L'Impératrice), Sebastian Holecek (Le Messager) / © Wilfried Hösl - Bayerische Staatsoper

Die Frau ohne Schatten à Munich

  L’Opéra de Paris a très convenablement célébré Richard Strauss lyrique ces dernières saisons : Arabella, Capriccio, même une Ariadne devenue vieillerie (elle s’était crue moderne en montrant le nombril de Natalie Dessay : c’était il y a longtemps) mais revivifiée par un fabuleux duo final où Philippe Jordan portait Riccarda Merbeth et Burkhardt Fritz jusqu’aux astres — ça n’est pas rien. Mais enfin 2014, ce sont les 150 ans de Strauss : et c’est à Munich en…

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