L'oeil et l'oreille

L'oeil et l'oreille
© Opéra National de Paris (Vincent Pontet)
© Opéra National de Paris (Vincent Pontet)

Faust, de Gounod à l’Opéra-Bastille

  On avait vu à Bastille en 2011/12 un Faust de Gounod qu’on a à l’instant même préféré oublier.  Un fourbi. Comme pour mieux nous le faire oublier (sans pourtant tout en perdre), on baptise « nouvelle mise en scène » un Faust renouvelé (costumes refourbis) mais pas rénové (dispositif resté en gros intact). Comme si on pouvait faire une nouvelle mise en scène dans un dispositif aussi impérieux, d’ailleurs tout à fait spectaculaire et réussi, pour…

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Photo © Jean-François Leclercq (en exclusivité pour Qobuz)
Photo © Jean-François Leclercq (en exclusivité pour Qobuz)

Philippe Jordan avec le JB Vuillaume Trio à l’Amphithéâtre Bastille

  Plus d’un patron musical d’Opéra est aussi un formidable pianiste, et aurait pu en faire sa carrière. Il y a eu Solti et surtout Sawallisch, dont Walter Legge disait qu’il est scandaleux d’être si bon chef d’orchestre (écoutez donc au disque leur immortel Capriccio) quand on est d’abord si bon pianiste. Isolé en Suisse pour raison raciale pendant la guerre, Solti jeune aspirant chef et ex-assistant de Toscanini à Salzbourg, est devenu assez fort…

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Werner van Mechelen (Le fils aîné), Frode Olsen (le père), Yann Beuron (mari de la fille aînée), Patricia Petibon (seconde fille) / © Opéra-Comique
Werner van Mechelen (Le fils aîné), Frode Olsen (le père), Yann Beuron (mari de la fille aînée), Patricia Petibon (seconde fille) / © Opéra-Comique

Au Monde de Philippe Boesmans (Opéra-Comique)

  Tout ici-bas (et même au théâtre) ne pouvant être Allemonde, le royaume littéraire où Mélisande a froid, on suivra Philippe Boemans Au Monde. C’est le titre qu’il emprunte à une pièce de Joël Pommerat et, même lors de sa création purement théâtrale voici plus de dix ans, il n’était pas innocent. Il prenait date. Derrière circulent beaucoup d’allusions, à peine discrètes. Car le dramaturge et d’abord metteur en scène, qui a la particularité de…

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"La Clemenza di Tito". L'incendie du Capitole (© Alain Kaiser / ONR)
"La Clemenza di Tito". L'incendie du Capitole (© Alain Kaiser / ONR)

Clemenza di Tito, Anne Schwanewilms, Leif Öve Andsnes

  Une brève virée dans l’Est lumineux et glacé apportait deux belles joies. D’abord une Clemenza di Tito que la metteure en scène, Katharina Thoma, a su faire avec l’aide de la scène tournante facile à lire, se suivant, avec des personnages identifiables. Quel soulagement, surtout quand on a si proche à la mémoire la confusion de hall d’hôtel d’une très récente Clemenza parisienne !! Ajoutons que le chef, Andreas Spering, qui vient du baroque mais…

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Elisabete Matos (Isolde), Daniela Sindram (Brangaene), Robert Dean Smith (Tristan) / © Patrice Nin
Elisabete Matos (Isolde), Daniela Sindram (Brangaene), Robert Dean Smith (Tristan) / © Patrice Nin

Tristan und Isolde au Théâtre du Capitole

  Une première recette pour réussir Tristan ? Se le dire d’abord : c’est l’œuvre la plus difficile à suivre du monde, avec ses lenteurs, ses redites et ses étirements, la plus envoûtante aussi. Facile d’y perdre pied (ou le fil). La proximité aide. Des personnages à taille humaine, palpables, dont la présence nous oblige à visualiser, à incarner des êtres de raison (ou de fiction) qui pourraient rester de simples emblèmes. Le Capitole de Toulouse a…

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Iphigénie en Tauride (Grand Théâtre de Genève. © Carole Parodi)
Iphigénie en Tauride (Grand Théâtre de Genève. © Carole Parodi)

Iphigénie en Tauride au Grand Théâtre de Genève

  Qui a peur d’Iphigénie ? Curieux : plus personne n’a peur de sa sœur XXe siècle Elektra, ni de Richard Strauss. Mais ils ont tous peur de Gluck. Ils ont peur des classiques. Ils tremblent devant, prétendant qu’on n’a que trop longtemps vu tout ça et qu’on le sait par cœur, qu’il y faut des rajustements et degrés etc. , alors qu’aujourd’hui pas un spectateur ne peut se souvenir d’une Iphigénie dans les simples voiles de…

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