L'oeil et l'oreille

L'oeil et l'oreille
Ermonela Jaho (Violetta) & Dmitri Hvorostovsky - © E. Bauer
Ermonela Jaho (Violetta) & Dmitri Hvorostovsky - © E. Bauer

Reprise de La Traviata à l’Opéra-Bastille

  On s’était promis de revenir à la rentrée voir La Traviata dans une nouvelle distribution, convaincu que la présence dans le rôle titre de Diana Damrau, superbe chanteuse virtuose mais vocalement blonde et sans projection, le contraire même d’un foyer dramatique, ne permettait pas de juger à sa valeur la mise en scène de Benoît Jacquot, qui est trop précieux au théâtre lyrique, trop rare aussi, pour qu’on laisse passer une production de lui…

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© S.F. Forster (Trouvère, Salzbourg, août 2014)
© S.F. Forster (Trouvère, Salzbourg, août 2014)

Un été de lyricomane

  À partir d’un certain âge on voyage moins volontiers ; notamment en période de presse. C’est dire si les festivals découragent, qui ont la mauvaise idée de se tenir en temps de vacances et de foule. Il ya belle lurette qu’on a renoncé à Aix, à cause des horaires ; à Salzbourg, à cause de journées vides à attendre un spectacle désormais de luxe, et trop souvent décevant ; à Bayreuth à cause de Bayreuth même, qui…

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Renate Jett (Keikobad), Adrianne Pieczonka (L'Impératrice), Sebastian Holecek (Le Messager) / © Wilfried Hösl - Bayerische Staatsoper
Renate Jett (Keikobad), Adrianne Pieczonka (L'Impératrice), Sebastian Holecek (Le Messager) / © Wilfried Hösl - Bayerische Staatsoper

Die Frau ohne Schatten à Munich

  L’Opéra de Paris a très convenablement célébré Richard Strauss lyrique ces dernières saisons : Arabella, Capriccio, même une Ariadne devenue vieillerie (elle s’était crue moderne en montrant le nombril de Natalie Dessay : c’était il y a longtemps) mais revivifiée par un fabuleux duo final où Philippe Jordan portait Riccarda Merbeth et Burkhardt Fritz jusqu’aux astres — ça n’est pas rien. Mais enfin 2014, ce sont les 150 ans de Strauss : et c’est à Munich en…

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(DR)
(DR)

David Fray dans Bach et Beethoven au Théâtre des Champs-Elysées

  On l’avait laissé en récital, comme absorbé dans sa propre image, incertain de ses décisions, laissant le tempo fluctuer (dans Schubert) non pas selon l’humeur, semblait il, mais le caprice. Des joliesses, un sens intuitif de la beauté (du son, de la phrase). D’abord séduit par des trouvailles, des effets (un peu cherchés), on se lassait vite, attendant quelque chose d’un peu nécessaire, fort, dans la forme, la structure. Pianiste narcisse, d’ailleurs caché par…

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Anja Harteros (© Berlin Classics)
Anja Harteros (© Berlin Classics)

Philippe Jordan et Anja Harteros à l’Opéra-Bastille (Bizet, Strauss et Ravel)

  Il  faut savoir ne pas être trop gourmand, une façon de faire attention et de savourer nuit à une autre. Aussi a-t-on attendu la fin des soirées de ballets (Balanchine pour Bizet, Millepied pour Ravel) pour entendre dans la nudité et la pureté du concert la Symphonie en ut de Bizet (alias Palais de Cristal) et Daphnis et Chloé, réduit à ses deux Suites, mais avec son chœur. Et la récompense est grande. L’Orchestre…

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Jeremy Ovenden (Néron) & Karine Deshayes (Poppée) (© Opéra National de Paris / Andrea Messana)
Jeremy Ovenden (Néron) & Karine Deshayes (Poppée) (© Opéra National de Paris / Andrea Messana)

L’Incoronazione di Poppea à l’Opéra Garnier – Krystian Zimerman à la Salle Pleyel

  Cette Incoronazione est aussi accomplie, aboutie que le Pelléas signé Robert Wilson : et elle l’est du tout premier coup. D’ailleurs, elle déconcertera presque tout le monde : ceux qui attendent une action colorée,  une mobilité scénique supposée shakespearienne ; mais aussi le wilsonien convaincu. Lui pourra y trouver un goût de too much : la beauté des lignes y devient objet en soi, et presque trop léché par une lumière trop amoureuse ; à la limite, on…

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